Le Pape François est arrivé en RDC, 38 ans après Jean-Paul II

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Le Pape François est arrivé ce mardi 31 janvier à Kinshasa par l’aéroport international de N’djili.  Le souverain pontife sera dans la capitale congolaise, jusqu’au vendredi 3 février avant de se rendre à Juba, capitale sud-soudanaise. Il a été accueilli par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, le Cardinal Fridolin Ambongo, le Nonce apostolique, les évêques, les personnalités politiques et les prêtres, religieux et fidèles.

Après l’accueil officiel, les délégations se rendront au Palais de la Nation, où le pape François sera accueilli par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.

Le Pape a entamé son 40e voyage apostolique «œcuménique de paix» comme il l’a lui-même appelé dimanche 29 janvier à la fin de l’angélus, qui le conduira dans deux pays traversés par la très forte contradiction d’avoir un sous-sol très riche mais des populations rongées par la pauvreté et la violence. 

La République démocratique du Congo et le Soudan du Sud vint recevoir le Souverain pontife après de longs mois d’attente, depuis le report de la visite initialement prévue en juillet dernier.

Le pape François arrive alors que l’Est de la RDC est écumé par les groupes armés qui créent l’insécurité. Les rebelles du M23, appuyées par le Rwanda, perturbent la quiétude des habitants du Nord-Kivu.

Les miliciens de la CODECO tuent des innocents et s’attaquent même aux camps des déplacés, accentuant ainsi la souffrance de ceux qui ont tout abandonné pour sauver leurs vies. Les ADF attaquent les populations civiles et posent des bombes artisanales dans les grandes agglomérations de Beni. C’est donc dans un contexte de crise que le pape arrive en RDC. Et les Congolais espèrent une dénonciation de la situation sécuritaire par le pape, l’une des personnalités les plus écoutées dans le monde.

Dans l’après-midi du mercredi 1er février, il rencontrera d’ailleurs des victimes des violences dans l’Est du pays, des déplacés et des représentants de certaines œuvres caritatives.

« Il y aura des représentants du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri qui viendront effectivement pour présenter leur situation, leur expérience et recevoir une parole que le Pape dirige à eux et à travers eux à tout l’Est du pays et à tous les Congolais », avait annoncé le Nonce apostolique, Mgr Ettore Balestrero.  

Faire entendre la voix des Congolais

Le thème de la paix sera au cœur de la présence du Pape en RDC. Les différentes personnalités qui ont pris la parole espèrent l’implication du pape pour le retour de la RDC, nation déchirée au fil des ans par un conflit dont les populations civiles sont les principales victimes.

Le pays fait face, d’après le rapport des expertes des Nations unies, a une rébellion qui reçoit l’appui du Rwanda. 

Il va joindre sa voix à celle des autorités congolaises pour l’implication de la communauté internationale dans le rétablissement de la sécurité. Cela permettra aux déplacés de regagner leurs milieux de vie et reprendre leurs activités génératrices de recettes et quitter la vie de l’assistance.

En attente de la canonisation de Bakanja et Anuarite

Le pape François vient en RDC, un pays qui avait déjà accueilli le pape Jean-Paul II en 1980 et 1985 et qui compte, selon le Vatican, 40% de catholiques.

En 1985, le pape Jean-Paul II avait, pour mission principale, la béatification de la sœur Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta (de la Congrégation de la sainte Famille) morte martyre le 1er décembre 1964, à Isiro (Haut-Uele).

La messe a été célébrée à l’esplanade du Palais du Peuple.

« En 1980, j’avais passé plusieurs jours au Zaïre, marqués par de nombreuses rencontres dont le souvenir reste bien vivant pour moi. Aujourd’hui, je suis particulièrement heureux de pouvoir répondre à la pressante invitation que vos évêques m’avaient présentée à Rome, à venir ici proclamer bienheureuse votre sœur Anuarite Nengapeta. Je remercie Monsieur le Cardinal Malula, Archevêque de Kinshasa, Monseigneur Monsengwo Pasinya, président de la Conférence épiscopale, et tous mes frères dans l’épiscopat de m’avoir convié au nom de tous les catholiques de ce pays avec une insistance délicate qui m’a touché », avait déclaré le 14 aout 1985 le Pape Jean-Paul II.

Les Congolais attendent la canonisation d’Anuarite Nengapeta. Mais aussi celle de Isidore Bakanja.

Isidore Bakanja est un jeune congolais né en 1885. Mort torturé pour sa foi en 1909, il est reconnu martyr de l’Église catholique puis béatifié en 1994, lors du synode pour l’Afrique par le pape Jean-Paul II.

Depuis 1999, Isidore Bakanja est déclaré saint patron des laïcs de RD-Congo, pays dont il est originaire. 

La canonisation de ces deux bienheureux attend la fin du processus, avait indiqué le cardinal Fridolin Ambongo :

« Cela ne dépend pas du voyage du pape. Il y a des conditions pour qu’un bienheureux soit proclamé saint. Il y a des miracles qui ont été attestés et qui sont sous étude. Il faudra que toutes ces questions arrivent à Rome, que le processus soit finalisé ».

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