Le nombre de personnes disparues enregistrées auprès du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en hausse de près de 70% en cinq ans

MONDE. Le nombre de personnes enregistrées par le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge comme portées disparues avait augmenté de près de 70% en cinq ans et atteint environ 284 000 personnes, à cause notamment de la multiplication des conflits, des migrations massives et de l’étiolement du respect des règles de la guerre.

« Du Soudan à l’Ukraine, en passant par la Syrie ou la Colombie, le constat est sans appel : la montée en flèche des disparitions nous rappelle, s’il en était besoin, que les parties en conflit et leurs soutiens ne protègent pas les populations en temps de guerre», a déclaré Pierre Krähenbühl, directeur général du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Les chiffres publiés aujourd’hui par le Réseau des liens familiaux* ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. À travers le monde, plusieurs millions de personnes sont séparées de leurs proches, souvent depuis plusieurs années, voire plusieurs décennies. Mais le drame des disparitions n’est pas inévitable. Si des mesures plus fortes étaient prises pour prévenir les séparations, protéger les personnes en détention et gérer correctement les dépouilles mortelles, une vie d’angoisse pourrait être épargnée à d’innombrables familles. »

N’oublions pas que derrière chaque chiffre il y a une mère, un père, un enfant ou des frères et sœurs dont l’absence laisse une douleur affligeante que les statistiques ne peuvent prendre en compte. C’est au premier chef aux États et aux parties aux conflits armés qu’il incombe de prévenir les disparitions, de protéger les civils et les personnes privées de liberté, d’élucider le sort des personnes disparues et de fournir une aide à long terme à leur famille. L’attitude des États face aux disparitions peut façonner les sociétés longtemps après que les violences ont cessé, en agissant sur la consolidation de la paix, la réconciliation et la capacité des communautés à se reconstruire.

Lorsque les parties à un conflit respectent le droit international humanitaire (DIH), les risques de disparition sont moindres. À titre d’exemple, la Quatrième Convention de Genève impose d’éviter, dans la mesure du possible, que les membres d’une famille soient séparés les uns des autres lors du transfert ou de l’évacuation de civils par une puissance occupante. De même, d’autres traités internationaux et manuels militaires mentionnent le principe de préservation de l’unité familiale des réfugiés et des personnes déplacées.

Les règles de la guerre prévoient par ailleurs que les parties doivent s’échanger des informations sur les personnes détenues en temps utile et leur donner les moyens de garder le contact avec leurs proches. L’obligation de recenser les combattants ennemis décédés assure également que leur famille sait ce qu’ils sont devenus et qu’ils ne sont pas enregistrés comme portés disparus. 
 

Statistiques 2024 du Réseau des liens familiaux

* À propos du Réseau des liens familiaux

Le CICR déploie ses efforts par-delà les frontières, de concert avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, pour rechercher les personnes disparues et rétablir le contact parmi les familles dispersées par les guerres, les catastrophes et les migrations. Ensemble, ils forment le Réseau des liens familiaux, qui repose sur un principe simple : chacun a le droit de connaître le sort de ses proches.

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