La négociation collective, un outil efficace pour réduire les inégalités et favoriser l’inclusion

Plus la couverture des employés par les conventions collectives est élevée, plus les différences de salaires sont faibles, selon l'OIT

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La négociation collective a joué un rôle important dans l’atténuation de l’impact de la crise Covid-19 sur l’emploi et les revenus, a affirmé l’Organisation internationale du travail dans un nouveau rapport (OIT).

Elle a contribué à amortir certains des effets sur les inégalités tout en renforçant la résilience des entreprises et des marchés du travail en soutenant la continuité de l’activité économique,  a relevé l’agence onusienne dans son «Rapport sur le dialogue social 2022: La négociation collective pour une reprise inclusive, durable et résiliente».

Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler que «l’adaptation des mesures de santé publique sur le lieu de travail et le renforcement de la sécurité et de la santé au travail (SST), ainsi que les congés de maladie payés et les prestations de soins de santé prévus dans de nombreuses conventions collectives, ont contribué à protéger des millions de travailleurs», a fait savoir l’OIT.

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Comme l’a expliqué Guy Ryder, directeur général de l’OIT, la négociation collective a forgé «la résilience en vue de protéger les travailleurs et les entreprises, de garantir la continuité des activités et de sauver des emplois et des revenus ».

Bien plus que cela, «elle a constitué un moyen efficace pour les employeurs et les travailleurs de s’entendre sur des solutions inclusives à des préoccupations ou des défis communs, et d’atténuer les effets des crises actuelles et futures sur l’économie, les entreprises et les travailleurs», a-t-il fait remarquer.

Pour l’organisation internationale, il ne fait aucun doute que « la négociation collective peut constituer un moyen efficace pour les employeurs et les travailleurs de relever les nouveaux défis qui secouent le monde du travail », a-t-elle relevé dans son rapport qui se fonde sur un examen des conventions et pratiques collectives dans 80 pays à différents niveaux de développement économique et sur les cadres juridiques et réglementaires de 125 pays.

Outre le rôle crucial qu’elle a joué pendant la pandémie, elle «peut faire progresser l’égalité et favoriser l’inclusion», a estimé l’étude dont les conclusions ont été rendues publiques récemment.

En effet, «plus la couverture des employés par les conventions collectives est élevée, plus les différences de salaires sont faibles», a indiqué le rapport.

En plus de pouvoir réduire efficacement les inégalités salariales, que ce soit dans une entreprise, un secteur ou une industrie, la négociation collective peut également contribuer à réduire l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, ont expliqué les auteurs dudit rapport.

Selon l’agence, «plus de la moitié (59%) des conventions collectives examinées par l’étude de l’OIT reflètent un engagement conjoint des employeurs ou de leurs organisations et des organisations de travailleurs (en particulier les syndicats) à lutter contre les inégalités de genre en garantissant un salaire égal pour un travail de valeur égale, en prévoyant un congé parental et familial et en luttant contre la violence sexiste au travail».

La même étude montre que plus d’un tiers des salariés (35%) dans 98 pays voient leur salaire, leur temps de travail et leurs autres conditions de travail fixés par des négociations collectives autonomes entre un syndicat et un employeur ou une organisation d’employeurs.

L’OIT a toutefois relevé « une variation considérable entre les pays, allant de plus de 75% dans de nombreux pays européens et en Uruguay à moins de 25% dans environ la moitié des pays pour lesquels des données sont disponibles».

Mais si elle peut apporter une contribution importante à la gouvernance inclusive et efficace du travail, l’agence onusienne estime que la négociation collective doit traiter plusieurs priorités pour être réellement efficace. A savoir : revitaliser les organisations d’employeurs et de travailleurs, assurer la reconnaissance effective du droit à la négociation collective pour tous les travailleurs, promouvoir une reprise inclusive, durable et résiliente ainsi que soutenir la mise en œuvre de l’Agenda 2030 pour le développement durable.

Alain Bouithy

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