
POLEMIQUE. L’étau se referme autour de Luis Rubiales. À la tête de la fédération espagnole de football (RFEF), dont la réputation a déjà été entachée par l’affaire Piqué (fuite de conversations avec l’ancien défenseur du FC Barcelone au sujet de la délocalisation de la Supercoupe d’Espagne en Arabie saoudite), le dirigeant espagnol fait désormais face à un scandale potentiellement dévastateur.
En dépit de la joie affichée suite au triomphe de l’équipe féminine espagnole à la Coupe du Monde 2023 en Australie et en Nouvelle-Zélande, Rubiales ne cachait pas son enthousiasme pour la victoire malgré les controverses entourant le sélectionneur Jorge Vilda, ignoré par ses joueuses mais soutenu par la fédération. Dans l’exubérance de ce succès, Rubiales a montré un comportement regrettable lors de la célébration du titre. Un geste de mauvais goût de la part de Rubiales.
Des caméras en tribunes ont capté un instant où il semblait se toucher brièvement les parties génitales en signe de satisfaction. Mais plus grave encore, Rubiales a volé un baiser à Jenni Hermoso, joueuse du FC Barcelone. Cette dernière a déclaré lors d’un live qu’elle n’avait pas apprécié cet incident, avant de tempérer ses propos dans une déclaration à la presse.
« Il s’agit d’un geste spontané et mutuel, résultant de la grande joie de remporter une Coupe du Monde. Le président et moi avons une excellente relation, son comportement envers nous toutes a été exemplaire, et il s’agissait d’un geste naturel d’affection et de gratitude. » Cependant, pour beaucoup, ces paroles semblaient être dictées par la Fédération.
De son côté, Rubiales, après avoir touché ses parties génitales et embrassé l’une de ses joueuses, a maintenu sa position avec une certaine arrogance. « Le baiser avec Jenni ? Il y a des idiots partout », a-t-il déclaré, avant d’en rajouter ultérieurement sur les ondes de la Cadena COPE. « Ignorons les idiots et les sots. Nous ne sommes pas là pour les bêtises. Ne perdez pas de temps à commenter des choses stupides. Si des imbéciles veulent continuer leurs sottises, libre à eux. »
Cependant, les paroles des « imbéciles » ont finalement poussé Rubiales à faire marche arrière. Alors que l’Espagne était en route pour rentrer au pays, le dirigeant de la RFEF a publié une vidéo dans laquelle il présentait des excuses. Politiciens et pression s’entremêlent.
« J’ai probablement commis une erreur, je dois l’admettre. C’est un événement historique, l’un des jours les plus glorieux du football espagnol. Nous sommes champions du monde, c’est un exploit incroyable. Nous avons travaillé dur pour en arriver là et nous en sommes fiers. Cependant, je dois également reconnaître qu’il y a eu un incident entre moi et une joueuse avec laquelle nous avons une excellente relation, et j’ai clairement fait une erreur. C’était sans mauvaise intention, dans un moment d’enthousiasme intense. Nous avons estimé que c’était naturel ici, mais à l’extérieur, cela a provoqué des remous. Je m’excuse, je tirerai les leçons de cette expérience et je réalise qu’en tant que président, je dois faire preuve de plus de prudence. »
Depuis lors, les appels à sa démission se sont multipliés. Et à présent, même les politiciens s’impliquent. Ainsi, après la ministre du Travail (qui a demandé la démission de Rubiales), le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a publiquement réprimandé le leader de la fédération. « Ce que nous avons vu est un geste inacceptable. Les excuses ne suffisent pas. Elles ne sont pas adéquates. M. Rubiales doit continuer à prendre des mesures », a-t-il déclaré ce mardi lors de la réception des championnes du monde.
Il a également exprimé son opinion sur une éventuelle démission de Rubiales en précisant que « la RFEF n’est pas sous la tutelle de la structure gouvernementale espagnole. Elle est élue et destituée par ses membres, tout comme le président en exercice. »
Les plaidoyers de Rubiales et les propos de Hermoso
Fortement critiqué, Luis Rubiales doit également faire face aux révélations de Relevo concernant cette affaire. Ces révélations pourraient sceller son destin. Le média espagnol affirme en effet que la fédération s’est rapidement rendu compte pendant le vol de retour que Rubiales avait provoqué un scandale mondial et qu’une action rapide était nécessaire.
C’est ainsi qu’il a été décidé de filmer des excuses pendant une escale à Doha (Qatar). On dit que le chef de la RFEF aurait exercé une pression sur Jenni Hermoso pour qu’elle apparaisse avec lui dans la vidéo d’excuse. Rubiales aurait assuré à la joueuse du Barça qu’il tenait beaucoup à sa famille et qu’il avait besoin de son soutien, car son poste était en jeu. Le sélectionneur Jorge Vilda aurait également essayé de convaincre Hermoso.
Le sélectionneur de l’équipe nationale espagnole aurait rencontré à plusieurs reprises les proches de la joueuse dans le but de les persuader que la meilleure manière de résoudre cette controverse était de participer à la vidéo d’excuses. Cependant, Hermoso a catégoriquement refusé, souhaitant se concentrer uniquement sur la victoire. Sans surprise, elle a estimé qu’elle n’était pas la personne qui devait fournir des explications et présenter des excuses.
Cependant, il y a plus à souligner. Selon Relevo, le baiser échangé sur le podium de la Coupe du Monde a été une totale surprise pour Hermoso. Cela renforce la perspective de nombreux observateurs selon laquelle le discours rassurant de la joueuse aurait été influencé par la fédération. Relevo pousse même l’analyse plus loin en affirmant que ce discours, relayé par la RFEF, ne serait pas issu de la joueuse elle-même, mais aurait été rédigé par le service de communication de la fédération… Une situation regrettable.
Ya Willy.
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