Congo/Musique : Décès de MPassi Ngongo Mermans et Ignace Makirimbia de l’Orchestre Les Bantous de la capitale

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MPassi Ngongo Mermans et Ignace Makirimbia.

Le sociétaire de l’orchestre Les Bantous de la capitale, Alphonse Mpassi Ngongo dit Mpassi Mermans, est décédé à Brazzaville, le 28 décembre 2022 à l’âge de 80 ans, cinq jours après le décès du percussionniste Ignace Makirimbia, le 23 décembre 2022 à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).

Né le 25 novembre 1942 à Madzia, département du Pool, Mpassi Ngongo Mermans est le premier guitariste mi-soliste dans l’histoire de la rumba après le départ de Papa Noël. C’est avec l’arrivée de Gerry Gérard dans l’orchestre, soliste comme lui, que se pose le problème de positionnement. Cette circonstance fait que les Bantous deviennent le premier orchestre à créer le poste de mi-soliste. Du coup Les Bantous sont passés pour être le premier orchestre à faire jouer quatre guitaristes, à savoir, la guitare solo, la guitare mi-solo, la guitare accompagnement et la guitare basse.

Mpassi Mermans est tombé amoureux de la musique à l’école primaire, alors au CE2, à Kibouendé, dans le Pool. A l’âge de 16 ans en 1958, il monte son premier orchestre, Syncope Jazz, dans cette localité. Une année plus tard, il trouve un emploi à Mfouati, dans la région de la Bouenza. C’est à ce moment que l’orchestre Les Bantous de la capitale est créé.

En 1960, à l’âge de 18 ans, il quitte Mfouati pour Brazzaville où il relance, avec ses anciens musiciens de Syncope Jazz, leur groupe, et l’appelle Mando Negro Kwala-kwa qu’il dirige pendant trois ans. C’est en juillet 1963 qu’il intègre Les Bantous de la capitale. Il y est admis le même jour que deux autres artistes de renom, Pamelo Moun’ka et Samba Mascott. Il regagne Les Bantous de la capitale en 1997 apprès quelques aventures.

Mpassi Mermans ne jouait pas que de la guitare, il a enrichi la discographie des Bantous de la capitale avec des titres comme, “Libala é keséni”, “Badeti”, “Bu boté mona pelé”, “C’est sérieux tantine”, “A mon avis ». C’est en 1972 qu’il sort son premier album en solo. Ceci se passe à l’issue de la première scission de l’orchestre, exclu par Nino Malapé au même moment que Célestin Nkouka, Edo Ganga, Pamelo Mounka, Kosmos Moutouari et Théo Bitcheko.

C’est ainsi qu’il crée avec Ganga Edo et Théo Bitcheko l’orchestre Les Nzoï, avant d’être rejoints par Ange Linaud. Il y lance l’album « Bani-bani » qui connaît un grand succès. Mais l’aventure avec Les Nzoï ne dure pas. Il quitte pour créer un autre qu’il dénomme Lissolo. Le premier 45 tours de cet orchestre est enregistré à Kinshasa. Une autre composition de Mpassi Mermans, “Lemba”, dans l’orchestre National, en 1976, est un disque 33 tours.

En 1981, il met sur le marché du disque son premier album en solo « Monia », de quatre titres en France. En 1988, suite à la maladie de Pamelo Mounka, Mpassi Mermans quitte Les Bantous de la capitale pour créer Les Bantous Monuments en 1990. Il sort ensuite un autre album en solo intitulé « Ton ami n’est pas ton ami », en 1992, en France, dans lequel il rend hommage à Samba Mascott.

Le deuil se tient au 17 de la rue Matouba-Abraham, arrêt Mitoko Château d’eau.

Ignace Makirimbia, le départ d’un autre virtuose  

Ignace Makirimbia est décédé à Kinshasa en république démocratique du Congo où il s’était rendu pour un problème de famille à l’âge de 78 ans.

Cet homme a longtemps évolué dans les Tumbas au sein des groupes traditionnels tékés communément appelés Tékés de Brazzaville. Il tente ensuite sa chance dans une carrière professionnelle à Kinshasa et dans l’orchestre Continental. Il évolue dans plusieurs groupes comme Le Continental de Me Taureau Gombe en compagnie de Josky Kiambukuta, Wuta Mayi, Tinio Mwinkwa, Siran Mbenza, d’Afrisa de Tabu Ley Rochereau.

Très proche de Sam Mangwana, Ignace Makirimbia a été dans toutes ses aventures. Ils sont liés dans Vox Arriva de Jeannot Bombenga et dans Festival de maquisards.

De retour à Brazzaville au cours des années 2000, il passe directement chez les Bantous où il évolue dans un premier temps avec son cadet Robert Massengo, avant d’aller renforcer Bana Poto-Poto de Bienvenu Roland Faignond, et de regagner Les Bantous jusqu’à sa mort le 23 décembre dernier, à Kinshasa.

Le deuil se tient au 20 rue Loubomo, Talangaï, arrêt Ebina.

Florent Sogni Zaou

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