Congo Brazzaville/Politique. Il était une fois Mikolo, Munari, Udh Yuki et l’Upads

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TRIBUNE. L’histoire politique du Congo retiendra que Jacqueline Lydia Mikolo est la seule ministre- sur la vingtaine présentée aux législatives 2022- à avoir été battue à plate couture. En français du Congo Kinshasa, elle est donc le “mouton noir” du gouvernement. Elle pourra ainsi se consoler de son maintien à l’exécutif après le léger remaniement annoncé d’ici à là.

En rapport avec les législatives 22, la messe avait, en principe, été dite dès le premier tour pour Mikolo. Le déferlement de l’essentiel du gratin politique du parti dominant(Makosso, Bouya…) n’était qu’un baroud d’honneur pour tenter d’essuyer les larmes d’une femme qui avait honte d’affronter le regard des autres.

C’est donc tête basse que la ministre de l’Artisanat et des PME est rentrée à Brazzaville. Son élégance à reconnaître promptement sa défaite et à féliciter Munari est-elle le parapluie dont elle se sert pour marquer cette honte? Possible.

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Envoyée par le Pct, son parti, dans la géhenne de Mouyondzi, où seuls passent encore les noms d’Antoinette Sassou N’Guesso, qui y a gardé la flamme de l’amour pour ce district qui l’a forgée, et, par ricochet, son époux de président Denis Sassou Nguesso, Mikolo, récemment arrivée en politique comme la plupart des analphabètes congolais en politique qui parlent un français de France, n’avait pas, à dire vrai, les faveurs des pronostics devant Munari.

L’on ne peut cependant pas reprocher à cette brave dame, plus technocrate que politique, d’avoir commencé à défricher les terres fertiles de son Mouyondzi natal où elle devrait cultiver des plantes dont la récolte est attendue dans 5 ans. Pourvu que le travail d’arrosage et d’entretien s’y effectue régulièrement.

L’autre enseignement à tirer de ces législatives 22, c’est la percée de de l’Udh Yuki, le parti de feu Parfait Kolélas, avec 7 députés. Même orphelins de père, les militants de ce parti se sont rappelés au bon souvenir de “Pako”, ainsi qu’ils l’appelaient affectueusement, pour voter les leurs. L’Udh-Yuki est dans un mano à mano avec l’Upads dirigée par Pascal Tsaty Mabiala. Le parti fondé par feu le président Pascal Lissouba voit ses palmiers, symbole du parti, perdre de leur vitalité. Les feuilles ont cessé d’être vertes.

Entre l’Udh-Yuki et l’Upads, lequel devrait, par conséquent, bénéficier du très juteux poste de Chef de file de l’opposition congolaise, reconnu par la Constitution de 2015?

La balance penche plus vers la reconduction de Tsaty Mabiala dont la “collaboration” avec le pct au pouvoir, notamment le gouvernement est sans nuage. Arithmétiquement, l’Upads pourrait réchauffer l’accord politique qui la lie au Must, de Claudine Munari, pour coiffer sur le poteau Yuki-Udh. De toute façon, les égéries du politique au pouvoir savent comment et avec qui enganger les épousailles. Dans la tradition bantoue, l’on n’épouse pas une femme belliqueuse, au risque d’empoisonner en permanence la vie en couple.

Par A.Ndongo

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