RDC. La pauvreté intellectuelle derrière des slogans stupides

HAUT ET FORT. Dans tout appareil étatique sérieux, aucun Chef d’État ne s’exprime publiquement sans avoir été préalablement briefé par ses collaborateurs, chacun dans son domaine de compétence : diplomatie, sécurité, communication, économie, questions juridiques ou stratégiques. Une sortie médiatique présidentielle est normalement le produit d’un travail collectif de préparation, d’anticipation et d’encadrement institutionnel. À force d’observer des approximations, incohérences, tâtonnements, incidents protocolaires ou des séquences de communication qui fragilisent l’image de l’institution présidentielle, je suis arrivé à la triste conclusion que la responsabilité ne peut pas toujours être imputée uniquement au chef de l’État lui-même. Elle interroge également la qualité de son entourage politique, administratif et communicationnel censé l’accompagner, le conseiller et le protéger institutionnellement. Déjà, lorsque le Président de la République, en exprimant sa désolation au sujet de l’affaire « escarmouche » reconnaît lui-même avoir été mal informé sur les capacités logistiques et militaires du pays, cela soulève une question plus profonde sur la qualité des informations qui lui sont transmises. Si même des Hauts officiers militaires, pourtant investis d’une responsabilité stratégique et disposant des moyens de défense de l’État, ont pu être utilisés par le Rwanda pour servir des intérêts contraires à ceux de la nation, que dire alors de certains collaborateurs civils dont le rôle semble davantage consister à flatter le pouvoir qu’à éclairer objectivement le Chef de l’État ? À force de louanges permanentes et d’absence de contradiction constructive, ils ont exposé le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à des erreurs d’appréciation et à des faux pas qui affaiblissent l’institution elle-même. Quoi de plus normal que d’en arriver à la conclusion que le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est effectivement très mal entouré. Aux tambourinaires du régime qui tenteraient de venir comme à leur habitude me réciter leur sempiternelle litanie du genre « ozo luka poste… oza aigri mpo ozwi poste te… », je leur conseillerais humblement de retourner à l’école primaire afin d’y réapprendre ce que signifient la Patrie, le pays, la République, l’État et la Nation. Ce serait pour eux une excellente occasion de s’instruire davantage et d’apprendre à éprouver un minimum de honte face à certaines affirmations qu’ils répètent mécaniquement. D’autant plus que l’enseignement primaire est gratuit dans les établissements publics. Tshaku abotaka na bohumbu te. J’assume en toute responsabilité. Par Maître Jackson KALONJI MUSHILA TSHIMANGA
RDC. Comprendre les sanctions américaines contre Joseph Kabila

SANS DETOUR. Les États-Unis, via le département du Trésor, ont sanctionné l’ancien président, Joseph Kabila, l’accusant de « semer l’instabilité » dans le Kivu en apportant un soutien financier, opérationnel et politique à l’AFC/M23, qui est soutenu par le Rwanda. Les sanctions américaines entraînent l’inscription de son nom sur la liste noire de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), le gel des avoirs éventuels aux États-Unis et l’interdiction pour les citoyens ou entreprises américaines de commercer avec lui. La nouvelle, qui a surpris plus d’un observateur, a suscité de nombreuses réactions. À Kinshasa, le régime de Félix Tshisekedi et ses partisans ont salué les sanctions américaines, y voyant le signe d’un soutien marqué de l’administration Trump envers Kinshasa. Mais que révèlent réellement ces sanctions ? Que disent-elles des intentions de Washington, de son rapport au pouvoir de Kinshasa et de sa lecture de la crise congolaise ? Plusieurs observations s’imposent. Primo, contrairement aux déclarations du gouvernement congolais, ces sanctions confirment que Joseph Kabila n’est pas le créateur de l’AFC/M23. L’ancien président est plutôt présenté comme un soutien du mouvement rebelle. Ce qui se comprend dans la mesure où Kabila a clairement fait savoir dans une interview à La Libre Belgique qu’il s’inscrivait dorénavant dans une logique de confrontation avec le régime de Félix Tshisekedi. La lecture du communiqué du département du Trésor donne à penser que l’ancien président est désormais à la manœuvre. Ce qui nous amène à la seconde observation : les sanctions américaines visant Joseph Kabila doivent être interprétées moins comme un geste de complaisance envers le régime de Kinshasa que comme un signal politique. Washington sait pertinemment que l’ancien président congolais ne détient probablement pas d’avoirs significatifs aux États-Unis. Dès lors, l’annonce du gel de ses biens relève davantage d’une mesure symbolique que d’un dispositif réellement contraignant sur le plan financier. L’objectif ici semble plutôt être de lui adresser un avertissement clair, tout en signifiant que les États-Unis entendent exercer une pression politique sur les acteurs congolais susceptibles de peser sur l’évolution de la crise actuelle, y compris Tshisekedi lui-même. En fait, ces sanctions s’inscrivent dans la foulée de mesures prises par les États-Unis contre des officiers rwandais des Forces de défense rwandaises (RDF) sanctionnés par Washington, il y a peu. À Kinshasa, le régime de Tshisekedi et ses laudateurs ont crié victoire, ne réalisant pas que la position américaine n’avait absolument rien à voir avec la défense des intérêts de la RDC. Il faut, à cet effet, rappeler que les sanctions contre le Rwanda restent limitées et ne s’accompagnent d’aucune remise en cause des coopérations les plus sensibles. Le Rwanda demeure un partenaire important pour Washington. Du moins pour le moment. Les États-Unis n’ont d’ailleurs pas dégainé l’arme des sanctions parce que Kigali violait l’intégrité territoriale de la RDC et pillait ses ressources naturelles, mais parce que les Forces de défense rwandaises et le M23 avaient attaqué les positions des FARDC et pris la ville stratégique d’Uvira, au Sud-Kivu, quelques jours seulement après la signature de l’accord de paix. À Washington, cet épisode a été perçu comme un affront direct au président Donald Trump, qui avait parrainé la cérémonie de signature. De fait, les sanctions s’apparentent davantage à une tape sur les mains qu’à des mesures véritablement coercitives. Une mise en garde, certes significative et inédite, mais qui ne bouleverse ni les équilibres politiques ni les rapports de force militaires. La preuve en est que le conflit se poursuit, que le Rwanda et ses supplétifs sont toujours à la manœuvre, et que les États-Unis se limitent à appeler les parties à la retenue et au respect de l’accord de Washington. Une véritable «diplomatie de l’équilibre». Il n’en demeure pas moins que Félix Tshisekedi a toutes les raisons de se réjouir. Ses ennemis sont sanctionnés par les États-Unis, qui n’entendent pas laisser le Rwanda et ses supplétifs s’enfoncer davantage dans le territoire congolais. Du moins pour l’instant. Tshisekedi semble avoir ici une certaine marge de manœuvre et entend tout donner aux Américains pour continuer à bénéficier du soutien relatif de la Maison-Blanche. Le problème, c’est que toutes les localités tenues par le M23 sont, de facto, gouvernées par le Rwanda. Et pour l’heure, Washington semble avoir opté pour le statu quo. Comme cela avait été rappelé au M23 et à Kigali après la chute d’Uvira, chaque partie est appelée à conserver les positions qu’elle occupait avant la signature de l’accord. Autrement dit, il ne s’agit pas nécessairement de restaurer pleinement l’autorité de Kinshasa sur les territoires conquis, mais d’empêcher une nouvelle détérioration militaire susceptible de compromettre l’agenda diplomatique et économique américain. L’essentiel, comme le souligne le communiqué du département du Trésor, est de « faire avancer un cadre d’intégration économique régionale visant à développer le commerce et les investissements, à renforcer la transparence dans les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et à ouvrir la voie à davantage d’investissements dans la région ». Autrement dit, l’exécution sans entrave de l’accord de Washington. Celui-ci vise non pas à solder les causes profondes du conflit qu’à créer les conditions politiques, sécuritaires et économiques d’un nouvel arrangement régional, profitable d’abord aux intérêts américains, puis, dans une moindre mesure, à la RDC et au Rwanda. Je bois mon lait nsambarisé. Par Patrck Mbeko
RDC. Les Congolais et Paul Kagame : un même combat ?

SANS DETOUR. Les Congolais regardent leur pays avec la même convoitise que Paul Kagame porte, depuis des années, sur les richesses du Grand-Kivu. Pour beaucoup d’entre eux, à commencer par les tenants du régime Tshisekedi, la RD Congo n’est pas une nation à reconstruire et à servir, mais un morceau de viande juteux qu’il faut dépecer, chacun cherchant à en arracher sa part pour la jouissance immédiate de ses papilles. À Kinshasa, comme partout ailleurs en RDC, les deniers publics sont pillés avec une telle ardeur, une telle désinvolture et une telle gourmandise prédatrice qu’on en vient presque à se demander si Paul Kagame n’est pas, en réalité, l’élève de ces Congolais qui saignent leur propre pays avec une délectation méthodique. La prédation extérieure trouve ainsi son pendant dans une prédation intérieure tout aussi ravageuse. Le paradoxe congolais est là : l’ennemi n’est pas seulement à la frontière, il siège aussi au cœur de l’État et dans le pays. Si Paul Kagame nourrit une obsession pour les minerais du Kivu, nombre de Congolais, à commencer par leurs dirigeants, semblent, eux, n’aimer le Congo que pour ce qu’il leur rapporte. Leur attachement n’est pas celui que l’on porte à une nation, à une histoire commune ou à un destin collectif ; c’est l’attachement intéressé de ceux qui voient dans l’État une rente, dans le pouvoir un butin, et dans la République une mangeoire. Bien entendu, les tenants du régime de Kinshasa et leurs relais congolais et étrangers ne vous le diront pas. Ils se contentent de souligner à longueur de journée le rôle du Rwanda et de Paul Kagame, occultant sciemment celui joué par tous ces Congolais censés protéger les intérêts de la République et de son peuple. En réalité, la RDC est confrontée à une double prédation : celle de l’étranger qui convoite et pille ses richesses, et celle de ses propres fils qui les dilapident sans scrupule. Entre l’appétit du petit Rwanda pour les minerais du Kivu et la voracité des Congolais pour les ressources publiques (y compris les minerais du pays), le Congo de Lumumba se retrouve pris en étau, livré à ceux qui le dépècent de l’extérieur comme à ceux qui le vident de l’intérieur. Il faut le dire : le premier ennemi du Congo, c’est souvent le Congolais lui-même. Je ne parle pas ici du peuple dans sa souffrance, mais de cette partie des Congolais qui a cessé de voir dans ce pays qui nous est si cher une terre à protéger pour n’y voir qu’un plat savoureux à consommer. Très peu d’entre nous aiment réellement ce pays d’un amour exigeant, désintéressé, voire sacrificiel. Je bois mon lait nsambarisé.
Page d’histoire : il était une fois les deux Congo (la RDC et la RPC) – » L’affaire de la LICOPA «

Deux pays avec la même dénomination RETRO. En 1960, deux pays d’Afrique centrale accèdent à leur indépendance avec 45 jours d’écarts. Mais avec la même dénomination officielle. Le premier c’est la République du Congo, dont la capitale est Léopoldville. Celle-ci se trouve sur la rive gauche du Pool Malebo (le Pool Malebo est un semi-lac formé par le fleuve Congo avant les chutes de Kinsuka). Cette République du Congo accède à son indépendance le 30 juin 1960. Et le second pays, la République du Congo, dont la capitale est Brazzaville. Brazzaville se trouve sur la rive droite du Pool Malebo, juste en face de Léopoldville. Cette dernière République du Congo devient indépendante le 15 août 1960. Pour éviter la confusion due à cette homonymie, aux Nations-Unies apparait l’habitude d’accoler le nom de la capitale au nom du pays pour spécifier de quel pays on parle. C’est ainsi qu’apparaissent les appellations de la République du Congo-Léopoldville et de la République du Congo-Brazzaville. Les deux pays changent de dénomination: la RDC et la RPC En 1964, le Congo-Léopoldville adopte une nouvelle Constitution par référendum et à cette occasion choisit une nouvelle appellation officielle pour se distinguer de son voisin. C’est ainsi qu’à partir du 1er août 1964, la République du Congo-Léopoldville devient la République Démocratique du Congo (RDC en sigle). Cinq ans plus tard, soit le 31 décembre 1969, le Congo-Brazzaville change à son tour d’appellation et devient officiellement la République Populaire du Congo (RPC en sigle) Donc au moment où se déroule notre histoire du jour, l’affaire de la LICOPA, en 1971, nous avons la RDC, dirigée par le général Joseph Désiré Mobutu et la RPC, dirigé par le commandant Marien Ngouabi. Il faut noter que ces deux militaires sont arrivés au pouvoir respectivement à la suite d’un coup de force militaire. Les étudiants de l’Université de Lovanium manifestent; les étudiants de Brazzaville les soutiennent. Le 4 juin 1971, les étudiants de l’Université Lovanium de Kinshasa manifestent leur mécontentement à l’égard du régime du général Joseph Désiré Mobutu. Celui–ci réagit brutalement en fermant l’Université et en enrôlant de force 2200 étudiants dans l’armée. Par solidarité avec leurs camarades de l’Université de Kinshasa, les étudiants de la RPC manifestent à Brazzaville pour dénoncer les mauvais traitements des étudiants par le général Joseph-Désiré Mobutu. Pour ce dernier les manifestations des étudiants de Brazzaville sont l’œuvre des autorités politiques du Congo-Brazzaville. Le président Marien Ngouabi envoie à Kinshasa une délégation du ministère des Affaires étrangères pour venir expliquer aux autorités de la RDC que les autorités politiques de la RPC ne sont ni de près ni de loin impliquées dans ces manifestations spontanées d’étudiants du Congo-Brazzaville. Pour preuve, les leaders de ces manifestations ont été sanctionnés. Le général Mobutu exige le rapatriement des étudiants fugitifs; le commandant Marien Ngouabi s’y oppose. Rassurées, les autorités de Kinshasa s’engagent à tourner la page de ces incidents. Mais quelques jours seulement après cette harmonisation, Kinshasa envoi le 14 juin 1971 une demande aux autorités de Brazzaville pour exiger le rapatriement à Kinshasa des 15 étudiants de Lovanium qui ont fui le pays et ont trouvé refuge à Brazzaville. Les autorités de la RPC vont opposer un refus catégorique à cette demande de Kinshasa. La raison évoquée est simple : la convention de l’OUA sur les réfugiés interdit à tout pays signataire de rapatrier dans leur pays d’origine des réfugiés politiques. Ce qui est le cas de ces 15 étudiants de Lovanium réfugiés à Brazzaville. Mais pour manifester sa bonne foi et dans le cadre du bon voisinage, Brazzaville va trouver d’autres pays d’accueil pour ces étudiants de Lovanium. C’est ainsi que, par exemple, l’un de ces étudiants en fuite à Brazzaville, Artur Zahidi Ngoma, va se retrouver en France où il fera des études de droit à l’Université de la Sorbonne. En 2003, il deviendra vice-président de la République en RDC. Le procès Licopa de Kinshasa De son côté, le général Mobutu décide d’organiser un procès public pour juger les meneurs des manifestations de Lovanium. Au cours du procès, trois noms reviennent régulièrement : La LICOPA, Ando-Ibara et Gaston Eyabo. La LICOPA est la » Ligue Congolaise pour la Paix et l’Amitié » entre les peuples. C’est une ONG qui semble avoir encouragé et soutenu les étudiants de l’Université de Lovanium dans leur projet de manifestation. Ando-Ibara est le président de cette structure. C’est un congolais de Brazzaville mais qui est installé à Kinshasa où il a un long carnet d’adresses. Il avait même des contacts à la présidence de la République. Mais son statut personnel était flou. Etait-ce un opposant au régime de Marien Ngouabi ? On pourrait le penser; parce qu’ on le voyait parfois passer à la télévision à Kinshasa pour critiquer le pouvoir de Brazzaville. En même temps, on le voyait aussi régulièrement fréquenter l’ambassade du Congo-Brazza à Kinshasa. Était-il un espion des services de Brazzaville ? Ou un agent de Kinshasa pour espionner ses compatriotes ? Un agent double ? Ou tout simplement un aventurier comme les deux Congo savent en produire ? En tout cas, juste avant le début du procès des étudiants de Lovanium, Ando-Ibara s’est enfui de Kinshasa ; il est allé se cacher dans son village natal situé à 400 Km au Nord de Brazzaville. Le troisième nom qui est apparu au cours de ce procès public est celui de Gaston Eyabo; qui n’est autre que le chargé d’affaires (diplomate) de la République Populaire du Congo à Kinshasa. Le général Mobutu prend des sanctions contre Brazzaville Pour le général Mobutu, les noms d’Ando-Ibara et de Gaston-Eyabo cités pendant le procès suffisent à le convaincre que les autorités du Congo-Brazzaville étaient impliquées dans le complot de Lovanium contre son pouvoir. C’est ainsi qu’il va prendre deux décisions importantes. L’expulsion de tous les diplomates du Congo-Brazzaville et la fermeture de l’ambassade de la RPC à Kinshasa. Le président du Congo-Brazzaville prend acte de la décision d’expulsion de ses diplomates de Kinshasa. En revanche, il s’oppose à la fermeture de
RDC : détérioration sécuritaire dans l’Est malgré l’élan diplomatique

La situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de se détériorer malgré la multiplication des initiatives diplomatiques, a déclaré l’Envoyé spécial des Nations Unies dans la région des Grands Lacs d’Afrique, Huang Xia, lors d’une réunion du Conseil de sécurité, mercredi. Les débats au Conseil ont été marqués par un échange vif entre le Rwanda et la RDC, chacun accusant l’autre de violations des engagements pris. Les divergences restent en effet profondes : la RDC exige le retrait immédiat des troupes rwandaises, tandis que le Rwanda met en avant la menace du groupe armé des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Plusieurs délégations ont appelé, lors de la réunion, à un cessez-le-feu vérifiable et à la mise en œuvre des accords de paix de Washington et de Doha. Erosion de la confiance Dans son exposé, Huang Xia a pointé l’érosion de la confiance entre acteurs de la région qui entrave la concrétisation des engagements politiques. « Depuis mon exposé en octobre dernier, si la région a connu une intensification notable des initiatives diplomatiques, la situation sécuritaire et humanitaire s’est détériorée de façon préoccupante », a-t-il dit. Ces initiatives diplomatiques incluent la signature des Accords de Washington le 4 décembre 2025 et la reprise des négociations à Washington, les 17 et 18 mars, après la prise temporaire d’Uvira, au Sud-Kivu, par le groupe armé M23 en décembre ; l’établissement du Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez‑le‑feu et l’adoption des termes de référence du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus à Doha ; la reprise, cette semaine, des pourparlers de Doha entre les représentants du gouvernement de la RDC et ceux de l’AFC/M23, co-facilités par le Qatar et les États-Unis ; et au niveau continental, les efforts africains se sont intensifiés autour du Médiateur de l’Union africaine. Malgré ces efforts, a tempéré l’Envoyé spécial, les violences ont pris une dimension nouvelle, marquée par l’utilisation croissante de technologies militaires avancées : attaques de drones, brouillage et spoofing GPS, bombardements. La mort tragique d’une employée du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) le 11 mars à Goma, dans la province du Nord-Kivu, en offre un rappel douloureux, a-t-il estimé. « Ce Conseil ne peut se permettre de voir se reproduire un cycle de violence qu’il examine depuis trop longtemps. La mise en œuvre intégrale des résolutions 2773 (2025) et 2808 (2025) est urgente », a-t-il affirmé. Dans ce contexte, M. Xia a demandé l’appui du Conseil pour exiger des parties au conflit des avancées concrètes. Selon lui, la priorité immédiate est l’instauration d’un cessez-le-feu effectif, vérifiable et pleinement respecté. Sa crédibilité dépend de l’opérationnalisation complète du Mécanisme de surveillance et du Mécanisme de vérification, dont les fonctions de surveillance, de vérification et de rapport sont essentielles pour rétablir une dynamique de désescalade. Impliquer les femmes De son côté, la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Sima Bahous, a avancé que la paix en RDC ne sera assurée que lorsque les femmes ne seront plus considérées comme des victimes collatérales, ni leurs corps comme des butins de guerre, mais comme des actrices autonomes au service de la stabilité, de la responsabilité et de la paix. « Sans sécurité, les femmes ne peuvent exercer leur leadership, et sans leur leadership, les efforts de paix et de relèvement sont voués à l’échec », a-t-elle dit. Selon elle, il en va de même pour l’ensemble de la région. Mme Bahous a formulé trois demandes au Conseil de sécurité. Elle a réclamé une représentation égale des femmes dans les efforts de rétablissement de la paix en RDC et dans l’ensemble de la région. Elle a relevé que les Accords de Washington sont totalement muets sur la place des femmes, sur les questions de genre et même sur les violences sexuelles qui constituent à la fois une caractéristique emblématique et un facteur déterminant du conflit. Elle a appelé à protéger la mission de paix de l’ONU, la MONUSCO, ainsi que son mandat essentiel en RDC. Elle a cité le fait que des militantes et des défenseures des droits humains ont bénéficié de sa protection ou encore le fait que les Casques bleus adaptent leurs patrouilles en fonction des alertes reçues de la part de femmes locales. Mme Bahous a réclamé un soutien aux organisations de la société civile dirigées par des femmes et une protection de l’espace civique. « Nous pourrions autonomiser des milliers de femmes actrices de la paix dans la région des Grands Lacs, à un coût bien inférieur aux dépenses militaires, et obtenir des résultats nettement supérieurs », a-t-elle dit. ONU
Kongo Atlantique : Rêve d’un État fédéral : un livre qui défie les chefs d’État

PARUTION. La Société Littéraire a le plaisir d’annoncer l’ouverture d’un grand chantier de réflexion, d’étude et de valorisation autour de l’ouvrage de Serge Armand Zanzala : Kongo Atlantique : Rêve d’un État fédéral! Sous-titré : « Je sais que cela vous amuse, mais j’ose quand même: pour une parole qui défie l’impossible et ouvre le débat » Cet ouvrage s’inscrit dans une démarche ambitieuse, à la croisée de l’histoire, de la culture et du politique. Il propose une relecture profonde de notre passé, en invitant à reconnaître et à mettre en lumière les formations politiques, sociales et culturelles qui structuraient l’espace bantou bien avant la colonisation. Des royaumes et empires tels que le Kongo, le Loango, les ensembles Téké, Luba et Lunda, jusqu’aux royaumes de Ndongo et Matamba, sans oublier les réseaux des peuples Ngala, Fang, Mpongwe, Punu ou Nzebi, se dessine une histoire riche, plurielle et profondément interconnectée. Au cœur de cette mémoire se trouve le puissant Royaume Kongo, véritable centre de gravité politique et civilisationnel, autour duquel s’organisaient échanges, alliances et équilibres régionaux. Ce chantier éditorial vise à : Réhabiliter cette mémoire historique souvent fragmentée, Valoriser les continuités culturelles et civilisationnelles, et Nourrir une réflexion contemporaine sur l’avenir politique de cet espace Le concept de Kongo Atlantique s’inscrit dans cette dynamique : il ne s’agit ni de nier les États actuels ni d’effacer les frontières, mais de proposer une lecture fédératrice d’un héritage commun, enracinée dans l’histoire et tournée vers l’avenir. Un sous-titre à la fois interpellateur et provocateur Le sous-titre de l’ouvrage se distingue par sa force et son audace. À travers cette formule, l’auteur interpelle directement les consciences et ose bousculer les certitudes établies. Cette parole, volontairement provocatrice, semble s’adresser en particulier aux quatre chefs d’État représentés en couverture : João Lourenço (Angola), Félix Tshisekedi (République Démocratique du Congo), Denis Sassou Nguesso (République du Congo) et Brice Oligui Nguema (Gabon). En affirmant « j’ose quand même », l’auteur pose un acte intellectuel fort : celui de défier les logiques politiques actuelles et d’ouvrir un débat que beaucoup jugent sensible, voire impossible. Ce sous-titre devient ainsi une interpellation directe des dirigeants, les invitant à réfléchir à l’histoire commune, aux responsabilités présentes et aux perspectives d’un avenir fédéral repensé. Un ouvrage qui rend hommage à une mémoire partagée et ouvre un débat essentiel sur l’unité, la souveraineté et la renaissance culturelle. Puisse cette réflexion collective inspirer nos quatre chefs d’Etat ainsi que les générations présentes et futures. Serge Armand Zanzala Directeur de Publication de La Société Littéraire et auteur du livre
Les FARDC et la MONUSCO traquent la milice CRP à Djugu

L’armée congolaise (FARDC), appuyée par la MONUSCO, a lancé jeudi 9 avril des opérations contre la milice « Convention pour la révolution populaire » (CRP) dans les zones de Lodha et Fataki, dans le territoire de Djugu (Ituti). Un bilan provisoire fait état d’un militaire FARDC tué, 15 miliciens capturés et 22 armes récupérées. Les casques bleus se sont également déployés pour sécuriser les sites de déplacés dans la zone. Les menaces de la milice CRP se sont intensifiées ces derniers jours dans les localités de Lodha, Fataki et Bule, situées à environ 100 kilomètres au nord de Bunia, dans le territoire de Djugu. Pour faire face à cette situation, les FARDC ont lancé une opération contre ce groupe armé de Thomas Lubanga. Selon des sources sécuritaires, des affrontements ont été signalés depuis jeudi matin entre Fataki et Lodha, ainsi que dans les zones de Bule et Kaa. Au cours de ces combats, un soldat des FARDC a été tué. Quinze miliciens ont été capturés et 22 armes récupérées. À ce stade, les éléments de la CRP seraient en débandade et en repli dans la zone. La MONUSCO patrouille De son côté, la MONUSCO a intensifié ses patrouilles robustes, notamment au carrefour Lodha-Djaiba, afin de bloquer les mouvements des combattants. L’objectif est de protéger le site de déplacés de Lodha, régulièrement menacé par cette milice, qui accuse ses occupants de collaborer avec les FARDC. Par ailleurs, une autre unité des casques bleus a été déployée vers Bule pour renforcer la protection des civils. Ces patrouilles ont contribué à dissuader les groupes armés et à renforcer la sécurité des habitants. Radio Okapi
Convergence Citoyenne : Makambou Jean Phaite désigné Représentant régional de la CPAAD pour l’Afrique centrale

La Convergence Citoyenne annonce la nomination de son secrétaire national chargé de l’organisation, Makambou Jean Phaite, en qualité de Représentant régional de la Coalition pour la Prévention et l’Action contre l’Abus de Drogues (CPAAD) pour l’Afrique centrale. Dans un communiqué parvenu à notre Rédaction, la formation d’opposition de la République du Congo a exprimé « sa profonde fierté » face à « cette reconnaissance internationale (qui) vient consacrer le travail rigoureux mené par notre mouvement et confirme la pertinence de notre engagement pour une transformation politique profonde et durable ». Cette désignation constitue également une reconnaissance internationale de l’engagement de la Convergence Citoyenne en faveur d’un renouveau de la gouvernance et d’une transformation politique durable. A cet égard, le mouvement souligne que la transition politique en son sein « n’est pas un slogan, mais une dynamique concrète, portée par une nouvelle génération d’acteurs engagés, résolus à rompre avec les pratiques du passé et à instaurer une gouvernance fondée sur la justice, la transparence et la responsabilité ». Il ne fait aucun doute qu’« à travers cette nomination, c’est toute une vision qui se renforce : celle d’un renouveau politique ancré dans l’action, la crédibilité et la proximité avec le peuple », affirmnt les membres du mouvement qui saluent l’engagement et la détermination de leur camarade, et lui souhaitent plein succès dans l’exercice de ses nouvelles responsabilités. Patricia Engali