Baha’i marocain et Aïd Al-Adha

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TRIBUNE. Je suis né dans une famille musulmane et j’ai grandi dans une culture islamique arabo-berbère. Il est clair que je suis imprégné de cette culture, quelles que soient mes pensées, ma philosophie et mes croyances. Nous sommes tous influencés par la culture dans laquelle nous grandissons, que nous soyons athées, musulmans, bahaïs, chrétiens ou juifs.

Ayant vécu très longtemps en Europe, je compare l’Aïd al-Adha aux célébrations de Noël. C’est exactement pareil, la dinde obligatoire comme l’agneau, et les repas de famille comme ici, la seule occasion de l’année où la famille se retrouve et où les distances ne posent aucun problème.

Il est clair que Noël et l’Aïd Al-Adha étaient à l’origine des fêtes spirituelles, mais avec le temps, ils sont tous deux devenus des occasions et des coutumes culturelles et traditionnelles que chacun célèbre avec joie et bonheur, qu’il soit croyant ou non.

J’ai également remarqué que les non-chrétiens en Europe se sentent influencés par la culture de Noël qu’ils célèbrent également, ce qui explique l’influence de la culture dans laquelle nous vivons, quelles que soient les différences ethniques ou religieuses.

C’est ce qui m’arrive personnellement à l’occasion de cette grande fête, car je ressens de la joie et du bonheur dans cette effervescence sociale très joyeuse que je connais depuis ma petite enfance. J’oublie que je suis bahá’í et je me retrouve à souhaiter Eid Mubarak à tout le monde. Si j’oublie que je suis baha’i c’est grâce à la générosité des marocains qui m’incluent dans leur fête religieuse et me considèrent des leurs.

Il est clair que tous ceux que je rencontre me souhaitent Eid Mubarak même si la plupart de ceux qui m’entourent savent que je suis bahá’í. C’est la fête des Marocains, c’est la fête de tout le monde. J’aime les Marocains, leur tolérance, leur amour et leur fraternité envers tous ceux qui vivent avec eux. Ils partagent tout avec tout le monde et avec respect. En cette grande occasion, les Marocains oublient tout ce qui pourrait nous diviser et partagent leur joie avec amour.

Cela me rappelle le vrai sens de la religion, qui est l’amour et le partage de la joie.

Docteur Jaouad MABROUKI

Psychiatre, psychanalyste de la société arabe.

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