
TRIBUNE. Ces temps ci, en Afrique, crise en Côte d’ivoire, du fait de la volonté du Président Alassane Ouattara de se succéder à lui même, reniant ses engagements de faire place à une nouvelle génération.
Crise en Guinée, en raison de l’entêtement du Président Alpha Condé de ne pas quitter les dorures de son palais.
Au grand jour, dans ces deux pays d’Afrique Occidentale, de violentes manifestations populaires anti pouvoir sont réprimées, dans le sang, par la police. Des morts sont comptés.
Hier, crise, de justesse évitée, en République Démocratique du Congo. La pression internationale ayant eu raison d’injustes intentions de poursuite de la présidence de Joseph Kabila.
Avant hier, crise au Congo Brazzaville.
Au prétexte d’une réforme des institutions, le Président Sassou Nguesso a imposé une modification de la constitution de 2002, pourtant écrite par ses partisans, au sortir des violences de 1997, après une période dite de transition de 5 ans.
Dans les deux Congo, les contestations d’opposants, dans les rues, ont été écrasées par la force publique. Ici, également, des victimes.
Aujourd’hui, le deuil frappe des familles en Côte d’Ivoire et en Guinée. Il s’était abattu, sur des parents des disparus, au Congo Brazzaville et en République Démocratique du Congo.
Une cause de ces malheurs qui s’enchaînent, accablant les populations des pays cités. Le troisième mandat des Chefs d’État en poste, au terme de modifications constitutionnelles, rejetées par une partie des forces nationales.
Devrait-on laisser se développer, en Afrique, cette obsession monarchique des Chefs d’Etat à demeurer au pouvoir, selon leur simple volonté?
L’ alerte est lancée.
Sont ici visées l’ Union Africaine et les Nations Unies pour une ferme prise de position, conjointe des deux institutions internationales. Une prise de position en deux axes.
Attirer l’attention des deux Chefs d’État de l’Ouest africain, aujourd’hui, alléchés par un troisième mandat, fort rejeté, pour qu’ils se delestent de leurs projets, aux effets dévastateurs dans le pays.
Quitte, à ce qu’il soit désigné, à leurs places, des représentants de leurs camps. Le cas échéant négocier, avec les parties opposées, un report du scrutin présidentiel pour des chances identiques aux candidats.
Enfin, cibler les Chefs d’État qui seraient tentés, à l’avenir, de franchir le seuil du troisième mandat, à faire marche arrière, dans l’intérêt supérieur de leurs nations.
Aux pays, bafouant les règles ou autres recommandations de l’Union Africaine et des Nations Unies, sur la question, seraient imposées des sanctions contraignantes, difficilement contournables.
Ouabari Mariotti (Membre de l’UPADS)
Paris 14.08.2020
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