A propos du déconfinement du 11/5

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Hervé Mahicka

TRIBUNE. Le taux de diminution des contaminations d’ici trois semaines sera déterminant pour apprécier la faisabilité de la mesure. Mais on peut s’interroger sur le pourquoi de faire mixer les enfants qui vont nous ramener des trucs à la maison.

L’idéal à mon avis aurait été que les adultes, eux qui peuvent respecter les distanciations physiques, l’hygiène sociale et le port permanent des masques soient les premiers à sortir, un mois ou deux avant de libérer les enfants quand la situation sera vraiment maîtrisée, que les taux de contamination soient hyper bas, et les test systématiques.

Mais qui va garder les enfants si les adultes sortent en premier me dira t-on? On devrait peut être déconfiner en commençant par ceux qui n’ont pas d’enfants en bas âges et les foyers où un seul parent travaille.

La question des inégalités sociales n’est pas fausse non plus, car de nombreux enfants ne peuvent pas suivre une scolarité à distance. On pourrait alors, dans ces cas, concevoir une scolarité partielle pour donner un minimum d’heures de cours dans les écoles, deux jours par semaines par exemple ou trois fois des demi journées afin d’avoir des classes moins peuplées.

Les parents d’élèves pourraient venir en renfort pour la surveillance hygiénique entre élèves. Reprendre des classes normales à plein temps et pour tous est trop brutal et trop risqué me semble t-il.

Pour ce qui est de l’ouverture des frontières renvoyées aux calendes grecques, il faut aboutir la réflexion. Beaucoup de gens ont besoin de voyager pour travailler et la France en a besoin. Vous ne pouvez pas commander tout ce nous faisons produire à travers le monde sans qu’il y a des gens pour aller vérifier de visu la qualité réelle de leur production.

Vous imaginez que pour les couches de nos enfants fabriquées en Chine, les batteries des téléphones venant du Vietnam, les engrais agricoles du Brésil, les pièces auto qui viennent du Maghreb ou les tissus du Bangladesh ou de Turquie etc, que les fabricants profitent de la baisse du contrôle de qualité et des normes européennes qu’effectuent les experts des commanditaires désormais bloqués, pour nous refourguer des produits douteux (peut être aux normes de leurs pays mais pas de l’UE). On enchaînera les catastrophes.

Je ne comprends pas qu’on pense à relancer l’activité sans voyager. Macron veut aider l’Afrique, c’est cool, mais la majorité des humanitaires et des acteurs du développement sont rentrés.

Il y a des pays africains où le système sanitaire tout entier est tenu par Médecins Sans Frontières. Des ingénieurs français ou européens qui travaillent à l’entretien des puits d’eau dans le Sahel. Les formations, les appuis financiers, le soutiens administratifs ou dans la gouvernance.

Bref, s’ils ne peuvent plus y aller, l’annulation de la dette devient le cadet des soucis de ces pays la.

Je pense qu’il faut ouvrir les frontières au même moment que la reprise de l’activité en France en systématisant les tests de la maladie aux aéroports (on va avoir d’ici peu des tests qui fonctionnent en 60 secondes avec des réactifs en bandelettes simples) et contrôler tous ceux qui sortent et qui rentrent.

Mais on ne peut pas fermer longtemps les frontières ou en décalé avec la reprise de l’activité en France.

Hervé Mahicka

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