Maroc. Bank Al-Maghrib met fin au statu quo en relevant son taux directeur à 2%

En réaction à une forte accélération de l’inflation, Bank Al-Maghrib a décidé de relever le taux directeur de 50 points de base (pbs) à 2%. Il se situait jusqu’à récemment à 1,5%. Cette décision, à laquelle s’attendaient la totalité des investisseurs étrangers sondés en septembre dernier par Attijari Global Research (AGR) (alors que la plupart des institutionnels pronostiquaient une stabilisation), met ainsi fin au statu quo opté depuis juin 2020 par la Banque centrale. Elle vise à «prévenir tout désancrage des anticipations d’inflation et assurer les conditions d’un retour rapide à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix», a expliqué Bank Al-Maghrib à l’issue de la troisième session de l’année 2022 de son Conseil tenue mardi 27 à Rabat. Pour rappel, lors de sa première session de 2020 (mardi 17 mars), tenant compte des évaluations d’alors et de l’évolution de l’inflation à moyen terme, et dans l’objectif de soutenir l’activité économique, le Conseil avait décidé de réduire le taux directeur de 25 points de base à 2% tout en promettant de continuer à suivre de très près l’ensemble de ces évolutions. Un trimestre plus tard (mardi 16 juin), le Conseil de Bank Al-Maghrib avait cette fois-ci décidé de procéder à une deuxième réduction du taux directeur de 50 points de base, le ramenant à 1,5%, et de libérer intégralement le compte de réserve au profit des banques. Lequel taux est resté en vigueur jusqu’à la récente décision de BAM. Selon l’institution publique, qui assure continuer à suivre de près la conjoncture économique, tant au niveau national qu’international, et en particulier l’évolution des pressions inflationnistes, l’économie continue à ce jour de pâtir d’un environnement externe défavorable et des répercussions d’une sécheresse particulièrement sévère, avec une nette décélération de la croissance et une forte accélération de l’inflation. Et si l’inflation continue d’être alimentée par des pressions d’origine externe, la Banque centrale constate toutefois que «les dernières données disponibles montrent une large diffusion vers les prix des produits non échangeables». Ainsi, tenant compte de ses prévisions de juin, elle table désormais sur un niveau d’inflation nettement plus élevé en 2022, suivi d’un ralentissement moins marqué en 2023. Les données disponibles dénotent une diffusion de plus en plus large de la hausse des prix L’analyse des données relatives aux huit premiers mois de l’année montre que «l’inflation a poursuivi son accélération pour atteindre 8% en août après 7,7% en juillet, 6,3% en moyenne au deuxième trimestre et 4% au premier», a relevé BAM expliquant qu’elle est tirée essentiellement par le renchérissement des produits alimentaires et des carburants et lubrifiants. L’organisme public en veut pour preuve : sur les 116 sections de biens et services qui composent le panier de référence de l’indice des prix à la consommation, 60,3% ont connu une augmentation de plus de 2% en août contre 42,2% en janvier. Tenant compte de ces évolutions, Bank Al-Maghrib anticipe désormais sur une accélération de l’inflation à 6,3% sur l’ensemble de l’année, contre 1,4% en 2021, avant de revenir à 2,4% en 2023. Selon ses projections, sa composante sous-jacente, portée par la hausse des prix des produits alimentaires qui y sont inclus, passerait de 1,7% à 6,3% en 2022 puis décélérerait à 2,5% en 2023. La croissance économique marquerait un net ralentissement cette année à 0,8% La Banque centrale est persuadée que la croissance économique marquerait un net ralentissement cette année à 0,8%, résultat d’un recul de 14,7% de la valeur ajoutée agricole et d’une décélération à 3,4% du rythme des activités non agricoles. Elle devrait, en revanche, s’accélérer à 3,6% en 2023 suite à la hausse prévue de 11,9% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne de 75 millions de quintaux. Tandis que les activités non agricoles continueraient en revanche de ralentir, leur rythme devant revenir à 2,5%. Selon les projections de BAM, la forte dynamique des échanges devrait se poursuivre cette année avec une hausse des exportations de 34%, tirée essentiellement par les ventes du phosphate et dérivés et celles du secteur automobile. Avec la baisse relative des cours du phosphate et dérivés, la Banque centrale s’attend à un recul des exportations de 1,1% en 2023 ; tandis que les importations diminueraient de 4,6%, en lien principalement avec les replis prévus des cours des produits pétroliers et des approvisionnements en blé. Par ailleurs, les recettes voyages connaîtraient une nette amélioration à 79,8 milliards de dirhams cette année et se stabiliseraient à ce niveau en 2023 ; les transferts des MRE devraient continuer de progresser pour totaliser près de 100 milliards de dirhams sur l’ensemble de l’année avant de revenir à 92,4 milliards en 2023 ; les recettes des IDE avoisineraient l’équivalent de 3,2% du PIB annuellement sur les deux prochaines années alors que les avoirs officiels de réserves s’établiraient à 343,7 milliards de dirhams à fin 2022 et à 360,7 milliards à fin 2023. « S’agissant du besoin de liquidité des banques, il se creuserait à 85,1 milliards de dirhams à fin 2022 et à 89,6 milliards à fin 2023 », selon les pronostics de BAM qui s’attend à ce que le crédit bancaire au secteur non financier augmente de 4% en 2022 et de 3,6% en 2023. Alain Bouithy
Justice : L’Etat guinéen signe un protocole d’accord avec la Cour pénale internationale dans le cadre du procès des massacres du 28 septembre 2009

Dans le souci de coopérer pleinement pour la tenue effective et la réussite du procès des massacres du 28 septembre 2009 au stade du même nom, qui a démarré ce mercredi, la République de Guinée et la Cour pénale internationale se sont engagées à travers la signature d’un protocole d’accord établi à cet effet. Les deux parties représentées respectivement par le Chef de l’État, le Colonel Mamadi DOUMBOUYA, et le procureur de la Cour Pénale Internationale, M. Karim A.A KHAN, manifestent ainsi à travers cette signature, leur volonté de voir se dérouler dans les meilleures conditions les audiences du procès qui vient de démarrer, 13 ans après les faits. Se prononçant ainsi sur le contenu dudit protocole, M. Karim.A.A KHAN a affirmé qu’il porte entre autres sur le respect de la Charte de la Transition en vigueur en République de GUINÉE, l’assistance technique de la CPI, le partage des informations entre l’État guinéen et le bureau de la CPI sur l’évolution des audiences pour mener à bon port ledit procès. Le procureur de la CPI, impressionné par le travail abattu en un temps record par les autorités guinéennes sous le magistère du Colonel Mamadi DOUMBOUYA, dans le cadre de l’organisation du procès du stade du 28 septembre 2009, a réitéré la volonté et la disponibilité de son bureau d’accompagner la Guinée. Le tout, dans le respect de la souveraineté de la Guinée et de l’indépendance de la justice guinéenne. Le président de la transition, Colonel Mamadi DOUMBOUYA a rappelé que ce procès est la volonté du peuple souverain de Guinée de prendre son destin en main. Pour lui, les Guinéens sont résolument engagés à œuvrer pour la manifestation de la vérité à l’effet de panser les plaies et aller de l’avant. Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Alphonse Charles WRIGHT a déclaré que la date de ce mercredi 28 Septembre 2022, marquant le démarrage du procès des évènements douloureux du 28 septembre 2009, s’inscrit dans les annales de l’histoire guinéenne et africaine. Selon lui, le procès qui se tient actuellement à Conakry, est une première en Afrique, comme le démontre le protocole d’accord signé entre la GUINÉE et le bureau de la CPI, permettant au procès d’aller jusqu’au bout. La signature de ce présent protocole entre le président de la transition, Colonel Mamadi DOUMBOUYA et le procureur de la CPI Karim.A.A KHAN s’est passée au palais Mohammed V.
IGF : Jules Alingete Key invite l’UE à changer son regard sur la RDC

ACTUALITE. Mardi 27 septembre, M. Jules Alingete Key, Inspecteur Général de l’IGF (Inspection Générale des Finances) en République Démocratique du Congo, s’est exprimé au Parlement Européen en Belgique sur la corruption et d’autres antivaleurs. Les services européens de l’action extérieure, conduits par l’ambassadeur Bernard Quintin, ont reçu le Chef de service à l’IGF qui leur a demandé d’adopter un regard positif sur la RDC au vu des efforts qu’elle a déployés dans la lutte contre la corruption et autres antivaleurs dans la gestion des biens publics et la transparence. Lors de ces échanges, quatre thèmes principaux ont été élaborés : l’état de la corruption en RDC en 2019, les stratégies et actions menées par la RDC depuis 2020 à ce jour, les résultats obtenus en termes de bonne gouvernance et de réduction de la corruption, ainsi que les perspectives d’avenir. Le Chef de service de l’IGF a ainsi présenté les avancées de la lutte contre la corruption en RDC grâce au contrôle a priori. Des délégués de l’Union européenne ont soutenu cette stratégie, affirmant qu’il s’agit du moyen le plus efficace pour assainir les finances publiques. Le Parlement européen est un forum de débat politique et de prise de décision au niveau de l’UE, où les électeurs de chaque État membre désignent des représentants chargés de défendre les intérêts de la population en matière de législation européenne. Au fil des ans et en raison de l’évolution des traités européens, le Parlement a acquis d’importants pouvoirs législatifs et budgétaires qui lui permettent de définir la direction que prend le projet européen. Par le biais de ce forum, le Parlement cherche ainsi à promouvoir la démocratie et les droits de l’homme tant en Europe que dans le monde. Jules Alingete a rencontré ces délégués dans l’espoir d’obtenir le soutien de la Commission européenne pour l’IGF. À l’issue de son audience, le Chef de service à l’IGF s’est adressé à la presse en déclarant : « Nous avons été agréablement surpris par tous les services européens d’apprendre que la Belgique et la France pratiquent le contrôle a priori depuis plus de trente ans. Ils ont été surpris qu’au Congo, cela ne fait qu’un an que nous sommes passés au contrôle a priori, que nous qualifions de patrouille financière. » Jules Alingete a de plus ajouté : « Selon l’Union européenne, le contrôle a priori est le moyen le plus efficace de lutter contre la corruption dans la gestion publique. L’UE nous a encouragés à mettre en œuvre ce contrôle préventif dans toutes les entreprises du portefeuille de l’État, les institutions publiques, les provinces, et même au niveau du pouvoir central. C’est une grande satisfaction pour nous et nous avons la promesse ferme de l’UE de nous accompagner dans la mise en place d’un contrôle a priori permanent dans la République Démocratique du Congo pour lutter efficacement contre la corruption. » Mercredi 28 septembre 2022, Jules Alingete était également invité au Parlement Fédéral belge pour discuter des progrès et des résultats obtenus dans la lutte contre la corruption en RDC. Ces deux interventions se tiennent juste après que Jules Alingete a reçu le prix Forbes Best of Africa pour la meilleure pratique anti-corruption, preuve évidente des efforts déployés par l’IGF pour exécuter la vision et l’initiative lancé par le Président Félix Antoine Tshisekedi afin d’établir une nation libre des antivaleurs telles que la corruption et le détournement des deniers publics.
Burkina Faso: Conseil des ministres du mercredi 28 septembre 2022

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 28 septembre 2022, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 14 H 50 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Paul-Henri Sandaogo DAMIBA, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger. I. DELIBERATIONS I.1. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES, DE LA COOPERATION REGIONALE ET DES BURKINABE DE L’EXTERIEUR Le Conseil a adopté deux (02) rapports. Le premier rapport est relatif à une demande d’agrément pour la nomination d’un Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire d’Australie auprès du Burkina Faso avec résidence à Accra, en République du Ghana. Le Conseil a marqué son accord pour la nomination dudit Ambassadeur. Le second rapport est relatif à une demande d’agrément pour la nomination d’un Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la Hongrie auprès du Burkina Faso avec résidence à Accra, en République du Ghana. Le Conseil a marqué son accord pour la nomination dudit Ambassadeur. I.2. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DE LA PROSPECTIVE Le Conseil a adopté deux (02) rapports. Le premier rapport est relatif à la situation économique et financière du Burkina Faso en 2022 et les perspectives sur la période 2023-2025. Ce rapport fait le point sur les tendances de l’économie de notre pays en 2022 et les perspectives sur la période 2023-2025, prenant en compte les évolutions récentes des indicateurs de la conjoncture nationale et internationale. Sur la base des dernières estimations, le taux de croissance ressortirait à 4,2% en 2022. Cette croissance serait imprimée par les secteurs primaire (2,0 points de pourcentage) et tertiaire (2,8 points de pourcentage). En termes de valeur ajoutée, celle du secteur primaire ressortirait en hausse de 9,5% en 2022 après une baisse de 9,0% en 2021. La valeur ajoutée du secteur tertiaire connaitrait une croissance de 6,4% en 2022. Quant au secteur secondaire, sa contribution à la croissance du PIB ressortirait à -0,6 point de pourcentage. La valeur ajoutée du secteur secondaire enregistrerait une baisse de 2,2% après une croissance de 8,3% en 2021. Cette contreperformance s’explique entre autres, par les difficultés que connaissent certaines sociétés minières. Dans l’ensemble, l’activité économique en 2022 connaitrait une décélération de son rythme de croissance après une reprise en 2021 à 6,9%. Au niveau de la gestion des finances publiques en 2022, il est a noté qu’elle s’exécute dans un contexte général marqué entre autres, par la persistance des attaques terroristes et une accélération de l’inflation. Ainsi, au premier semestre de l’année 2022, les recettes ont été mobilisées à hauteur de 1 138,8 milliards F CFA à fin juin, contre 1 019,4 milliards F CFA à la même période en 2021. Les dépenses se sont situées à 1 346,8 milliards F CFA à fin juin 2022 contre 1 282,3 milliards F CFA en 2021. En termes de perspectives sur la période 2023-2025, l’activité économique nationale devrait maintenir son dynamisme, sur des hypothèses d’une accalmie des tensions géopolitiques au niveau international, d’une amélioration de la situation sécuritaire nationale, d’un climat socio-politique apaisé et d’une pluviométrie favorable. Par ailleurs, les actions et mesures engagées par l’Etat dans les différents secteurs d’activités socioéconomiques permettront également de faire face à l’inflation et donner un dynamisme à notre économie. Le second rapport est relatif aux conclusions de la revue à mi-parcours de l’exécution du budget de l’Etat, exercice 2022. Cette revue permet d’apprécier les performances des régies de recettes après six (06) mois d’activités en vue de faire un réajustement des prévisions en fonction du niveau de performances. Elle permet également de faire le point sur l’exécution du budget de l’Etat dans son ensemble et des recommandations pour la suite de l’exécution en vue d’une bonne clôture budgétaire conformément au calendrier y relatif. Le budget de l’Etat, exercice 2022, a été adopté en recettes et en dépenses (crédits de paiement) respectivement à 2 349 112 550 000 F CFA et à 2 919 148 573 000F CFA avec une épargne budgétaire de 96 744 579 000 F CFA. Le besoin de financement s’élève à 570 036 023 000 F CFA. Au 30 juin 2022, le niveau global d’exécution s’élève à 1 214 908 994 000 F CFA en recettes et à 1 333 958 436 000 F CFA en dépenses (base liquidée). Les réalisations globales des recettes ordinaires s’élèvent à 1 110 644 763 000 F CFA, soit un taux de réalisation annuel de 52,64%. Rapporté aux objectifs de la période sous revue, le taux de réalisation correspondant est de 110,92%. Les ressources mobilisées à la même période en 2022 s’élèvent à 1 214 908 994 000 F CFA correspondant à un taux d’exécution annuel de 49,61%, contre 1 071 868 111 000 F CFA en 2021. Les performances de mobilisation enregistrées au 30 juin 2022 sont imputables aux efforts des différentes régies que sont : la Direction générale des Impôts, la Direction générale des Douanes et la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique. Ces performances sont portées par les recettes fiscales qui enregistrent un accroissement en volume de 170 663 466 000 F CFA. Au titre de la situation d’exécution des dépenses, les prévisions ajustées des dépenses totales du budget de l’Etat, exercice 2022 s’établissent à 2 919 148 573 000 F CFA en crédits de paiement. Au 30 juin 2022, les dépenses, toutes natures et sources de financements confondues ont été engagées-visées à hauteur de 1 398 590 632 000 F CFA, soit un taux engagé-visé de 47,91%. A l’exécution du budget de l’Etat, au 30 juin 2022, l’épargne budgétaire et le solde budgétaire global sont ressortis respectivement à 146 135 803 000 F CFA et déficitaire de 119 049 442 000 F CFA. Le Conseil a instruit les ministères et institutions de fournir plus d’efforts et de diligence aussi bien en matière de recouvrement des recettes que d’exécution des dépenses pour le reste de l’année. II. COMMUNICATIONS ORALES II.1. Le ministredélégué auprès du ministre de la Défense et des anciens combattants, chargé de la Défense a fait au Conseil une communication relative à l’attaque du convoi de ravitaillement au profit des populations de Djibo, survenue à Gaskindé le 26 septembre 2022. Le ministre délégué est revenu sur les circonstances de cet acte barbare perpétré par des terroristes. Il a rassuré le Conseil que les opérations de ratissage sont toujours en cours dans la localité. Un bilan plus exhaustif viendra compléter le bilan provisoire précédemment annoncé.
Sénégal : Près de 29 millions d’euros de la Banque africaine de développement pour développer le réseau routier de 6 communes du pays

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement, a donné, le 20 septembre 2022, à Abidjan, son feu vert à un prêt de 28,88 millions d’euros au Sénégal, pour améliorer le réseau routier et les transports dans six communes du pays Cet appui, issu d’économies dégagées du Premier programme de modernisation des villes du Sénégal, porte sur les communes de Yeumbel Nord, Keur Massar et Guédiawaye (région de Dakar), Thiès (Ouest), Kaolack (Centre-Ouest) et Saint-Louis (Nord-Ouest), confrontées à un trafic routier quotidien élevé : entre 473 et 11 500 véhicules les traversent chaque jour. Grâce à ce nouveau prêt, 28 kilomètres de voiries urbaines en béton bitumineux, en pavés et en béton verront le jour. Ces travaux viendront s’ajouter aux réalisations déjà faites concernant 45,4 kilomètres de voiries bitumées, 21,6 kilomètres de voiries pavées et la réhabilitation de 11,2 kilomètres de routes bitumées. Les travaux porteront aussi sur l’assainissement des voiries, l’éclairage public, mais aussi la construction ou la réhabilitation de cases dédiées à l’emploi des femmes, qui seront équipées pour se muer en restaurants et en hangars, avec un Centre de promotion de la femme. De quoi améliorer les conditions de vie des populations bénéficiaires, en particulier le travail des femmes, et créer des emplois pour les jeunes. Les associations de jeunes et de femmes bénéficieront d’appuis de plusieurs sortes : formation aux métiers dans la maintenance routière, la pose de pavés ou dans l’éclairage public. Enfin, les services techniques des collectivités territoriales bénéficieront de formation en système d’information géographique, en matière de gestion de bases de données, de planification, de programmation des investissements et de passation des marchés. Le programme permettra d’améliorer la compétitivité des villes bénéficiaires qui pourront poursuivre leur croissance de façon mieux planifiée. Le soutien au Premier programme de modernisation des villes du Sénégal témoigne de l’approche renouvelée de la Banque dans son appui au développement des zones urbaines. Cette approche qui combine investissement dans les infrastructures et renforcement des capacités institutionnelles est d’autant plus importante qu’elle s’intéresse aux villes moyennes et périphériques, contribuant ainsi au rééquilibrage régional. Lancé en 2017, le Premier programme de modernisation des villes du Sénégal a bénéficié d’un financement de 114,34 millions d’euros de la Banque africaine de développement. Il couvre 13 communes du pays : Diourbel, Kaolack, Kolda, Louga, Matam, Saint-Louis, Tambacounda, Thiès, Ziguinchor, Guediawaye, Keur Massar, Yeumbeul et Mbour. Objectif : intensifier la décentralisation pour mieux promouvoir le développement économique et social du Sénégal.
Page d’histoire. D’où Kongolu Mobutu a-t-il pris le nom de Saddam Hussein ?

RETRO. Nous sommes en février 1991 en pleine opération militaire dénommée “Tempête du désert” sous couvert de laquelle les forces coalisées de l’Otan sous l’égide des États-Unis d’Amérique défendaient le Koweït contre la très puissante armée de Saddam Hussein. Cette guerre du Golfe avait eu un retentissement international car on pouvait suivre en live sur nos petits écrans les bombardements de part et d’autre. La renommée de président irakien qui tenait momentanément tête contre la première puissance du monde avait alors pris une épaisseur considérable. Et au même moment de la guerre du Golfe survint un incident militaire important à Kinshasa dans un bar situé non loin de Ungabusta en pleine commune de Gombe où les GI’S américains aimaient venir prendre leur rafraîchissement. Ce jour là de février 1991 tout avait dégénéré entre un groupe des GI’S qui, pour des raisons inconnues, s’était mis à molester des zaïrois/congolais présents sur place. Les marines américains (probablement sous l’effet de l’alcool) étaient déchaînés contre les pauvres zaïrois mis par terre et humiliés à un degré tel que la scène avait révulsé les cœurs des zaïrois qui suivaient à distance et qui avaient appelé au téléphone le capitaine Mobutu Kongolu qui était en pleine réunion de travail dans son bureau situé dans l’immeuble Sozacom. Ils lui expliquèrent l’humiliation que subissaient ses frères zaïrois de la part des GI’S qui avaient brandi des armes pour mieux imposer leur volonté de domination. Aussitôt que Kongolu a entendu le mot « minduki » armes, il abandonna immédiatement la table de réunion, mobilisa ses hommes et prit les armes pour aller à la rescousse des zaïrois pris en otage par les marines. En bon officier, il organisa au préalable un plan de guerre qui consistait à ne pas attaquer frontalement l’ennemi mais l’encercler en réduisant progressivement le cercle jusqu’à le coincer. Les marines se sont sentis pris brusquement au piège du capitaine Kongolu qui avait endossé sa tenue militaire pour cet affrontement. On était à deux doigts d’un affrontement militaire. L’atmosphère était électrique à Gombe. C’est le Chargé d’affaires de l’Ambassade des États-Unis en poste à Kinshasa qui s’est vite dépêché sur place pour pouvoir éteindre l’incendie. Il avait demandé de négocier avec le capitaine Kongolu qui continuait à tenir encerclés les marines américains en infériorité numérique et en déficit de munitions. A l’issue de cet affrontement, le capitaine Kongolu avait pu récupérer les congolais arrêtés et molestés par les américains et les acheminer illico aux Cliniques Ngaliema pour leurs premiers soins. Et cette libération des zaïrois était accompagnée des salves d’applaudissements de nombreux badauds congolais présents sur place et qui avaient commencé à crier “ Saddam Hussein, Saddam Hussein” en référence au grand leader irakien qui tenait tête en ce moment aux américains. C’est donc à partir de ce haut fait d’arme que ce nom s’est répandu dans l’opinion publique à Kinshasa et à travers tout le pays au profit d’un homme qui, au dire de ses proches, n’aimait guère ce sobriquet car il avait déjà son nom de code “ DUBAI” dans les appels par Motorola et phonies. Le nom de Saddam Hussein lui était collé pour toujours dans l’imaginaire congolais pour la simple raison que ce jeune officier zaïrois âgé alors de 21 ans avait bravé l’Amérique en cette période où un seul chef sur terre, le leader irakien Saddam Hussein, savait le faire. C’est la rue congolaise qui a donné ce nom au capitaine Kongulu suite à cet acte de grande bravoure. Repose en paix mon capitaine! Par Germain Nzinga
Ukraine: victoire à la Pyrrhus de Kiev et fausse défaite russe

TRIBUNE. Comme je le soulignais, il y a de cela deux jours dans un post, la guerre en Ukraine a mis en exergue les carences de l’Occident en matière d’analyse stratégique. L’analyse du colonel Jacques Baud, ancien officier de renseignement et analyste stratégique suisse, me conforte à cet égard. On voit défiler sur les plateaux de télé d’anciens généraux et de prétendus « experts » qui semblent ne rien comprendre à la stratégie russe. On vante la résistance ukrainienne, allant jusqu’à affirmer que la Russie est en débandade. Pas plus tard qu’hier, le criminologue français Alain Bauer expliquait à l’émission de Cyril Hanouna que la Russie avait perdu 80 000 hommes en Ukraine ! Une telle affirmation relève tout simplement de l’ignorance. En effet, affirmer que la Russie est en train de perdre la guerre en Ukraine, c’est totalement ignorer l’art de la guerre tel que pratiqué par les Russes dans le cadre de ce que les stratèges militaires appellent « l’art opératif ». Travaillant ces deux dernières années sur la stratégie de la Russie et de la Chine en Syrie, je me suis intéressé à l’articulation de la diplomatie russe, mais aussi à la manière dont les Russes perçoivent et font la guerre. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Occidentaux, ou du moins les experts qui défilent sur les plateaux de télé, ne semblent pas avoir mis à jour leur logiciel sur l’évolution de la pensée stratégique russe. L’art opératif est loin d’être une stratégie de guerre classique, comme le conçoivent les Occidentaux. Il n’a rien à voir avec ce que certains responsables militaires de l’OTAN appellent « guerre hybride » russe. C’est une approche de la guerre non figée qui alterne diverses formes d’interaction stratégique et tactique sur le plan militaire. Le plus important n’est pas de gagner la guerre, mais d’atteindre des objectifs stratégiques que l’on s’est fixés. C’est ce qui se passe actuellement en Ukraine, comme l’explique le colonel Jacques Baud. Par Patrick Mbeko
Sénégal: Conseil des ministres du 28 septembre 2022

Le Président de la République, Son Excellence Macky SALL a présidé le Conseil des Ministres, ce mercredi 28 Septembre 2022, au Palais de la République. A l’entame de sa communication, le Chef de l’Etat a adressé ses chaleureuses félicitations au Premier Ministre et aux ministres, membres du Gouvernement. Le Président de la République a également félicité le nouveau Ministre d’Etat, Directeur de Cabinet du Président de la République, le Ministre, auprès du Président de la République chargé du Suivi du PSE et le Ministre Porte-Parole et Coordonnateur de la communication de la Présidence de la République, ainsi que le Ministre, Secrétaire général de la Présidence de la République et le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, reconduits. Le Chef de l’Etat a axé essentiellement sa communication sur les orientations et la méthode de travail du Gouvernement, marqué par la restauration de la fonction de Premier Ministre. A cet effet, le Président de la République a rappelé aux ministres le caractère collégial et solidaire de l’institution gouvernementale.Le Chef de l’Etat a exhorté les membres du Gouvernement à cultiver le sens de l’Etat, bâti autour de l’engagement, du dévouement, de la loyauté et de l’exemplarité. A ce propos, le Président de la République demande aux membres du Gouvernement de toujours faire preuve d’écoute, d’humilité, de collégialité et de solidarité dans un esprit d’équipe, d’incarner pleinement le combat et l’action en vue d’anticiper les urgences et de prendre en charge, avec efficacité, les requêtes, besoins et aspirations des populations. Le Chef de l’Etat a indiqué au Premier Ministre la nécessité de tenir compte de l’évolution du contexte économique et sécuritaire international avec ses impacts sur la vie des sénégalaises et des sénégalais et sur le budget de l’Etat. Revenant sur les priorités, le Président de la République a demandé l’actualisation rapide du PAP 2A du PSE, mais également la prise en charge de l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages, de la stabilité des prix, de la sécurité, de la santé et du logement des populations, de l’assainissement, de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’insertion. Le Chef de l’Etat s’est félicité de la tenue de la réunion de lancement des concertations sur la lutte contre la vie chère qu’il a présidé le lundi 26 septembre en présence des associations de consommateurs, de commerçants, d’industriels et du Patronat.Face à la conjoncture économique actuelle, le Président de la République a demandé au Premier Ministre, au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre du Commerce, de la Consommation et des PME et aux autres ministres impliqués, de veiller à l’application effective des décisions et mesures arrêtées, avant fin octobre 2022, pour protéger davantage les consommateurs, sécuriser les approvisionnements en denrées et produits essentiels ; maitriser les prix et réguler davantage le Loyer. Aussi, le Chef de l’Etat a demandé au Premier Ministre et au Ministre des Finances et du Budget, d’intégrer les priorités retenues dans la préparation de la loi de finances pour l’année 2023. Le Président de la République a invité chaque Ministre à lui présenter (sur la période octobre 2022 et octobre 2023), des actions ministérielles ciblées et chiffrées, avec un calendrier d’exécution des projets et de réalisation des réformes. Au demeurant, le Chef de l’Etat a insisté sur la nécessité d’accorder une attention spéciale au suivi de la gouvernance du secteur parapublic (agences, établissements publics, sociétés nationales et entités similaires) et à la rénovation de la gestion du Portefeuille de l’Etat. Le Président de la République a, en outre, demandé au Premier Ministre et au Ministre de la Fonction publique et de la Transformation du Secteur public, d’engager, sans délais, une dynamique de concertations et de déploiement de mesures de renforcement continu d’une Administration publique professionnelle, réactive, agile et performante. Invitant les ministres à agir en mode « Fast Track » et à asseoir la culture du résultat dans tous les secteurs, le Président de la République a demandé au Gouvernement d’ accompagner le développement du secteur privé national à travers : (i) des mesures d’amélioration de l’environnement des affaires ; (ii) le renforcement de l’attractivité du Sénégal et de la compétitivité de nos entreprises ; (iii) l’accélération de la mise en œuvre de la stratégie nationale d’industrialisation (avec l’émergence rapide des zones économiques spéciales et des agropoles) et ; (iv) l’exécution optimale des partenariats publics-privés et de la commande publique. Sur ce point, le Président de la République, a demandé la finalisation, avant fin octobre 2022, de la réforme de la Commande publique en veillant à la mise en cohérence des missions et procédures de l’Autorité de régulation et de la Direction centrale de la Commande publique. Abordant la communication gouvernementale, le Président de la République a exhorté les ministres à clarifier au quotidien l’action de l’Etat devant les populations ou à travers les médias et les réseaux sociaux. Le Chef de l’Etat a informé le Conseil de la reprise des tournées économiques, des Conseils des ministres délocalisés et des séances d’écoutes et d’échanges avec les forces vives de la nation dans la continuité des rencontres « Jokko ak Macky ». Sur le climat social et le suivi des affaires intérieures, le Président de la République a abordé les points suivants : Abordant la consolidation du dialogue national et l’ouverture politique, le Président de la République demande au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice d’examiner, dans les meilleurs délais, les possibilités et le schéma adéquat d’amnistie pour des personnes ayant perdus leurs droits de vote. Le Chef de l’Etat a clos sa communication sur son agenda et le suivi de la coopération et des partenariats. Dans sa communication, le Premier Ministre a exprimé sa profonde gratitude au Président de la République pour la confiance exceptionnelle en le nommant, Premier Ministre de la République du Sénégal. Il a félicité les ministres et renouvelé l’engagement permanent du Gouvernement à œuvrer avec loyauté, foi, détermination et efficacité, pour matérialiser la vision d’un Sénégal Emergent à l’horizon 2035. A cet effet, le Premier Ministre a insisté sur les enjeux et défis actuels , qui exigent