
Les données du commerce extérieur relatives aux six premiers mois de 2026 font ressortir un creusement du déficit commercial de 23,5%, comparativement à la même période de l’année précédente, pour se situer à 198,4 milliards de dirhams.
Selon Bank Al-Maghrib, qui le rapporte ces données dans sa dernière Revue mensuelle de la conjoncture économique, monétaire et financière, cette évolution résulte d’une hausse de 15,3% des importations à 458,8 milliards, et d’une progression des exportations de 9,7% à 260,4 milliards. Ainsi, le taux de couverture s’est replié de 2,8 points à 56,8% à fin juin 2026.
La progression des importations a concerné la majorité des principaux produits. Les achats de biens d’équipement se sont ainsi accrus de 21,2% à 112,3 milliards de dirhams, portés notamment par un accroissement de 73,7% à 6,2 milliards des achats des « voitures utilitaires » et de 29,7% à 11,1 milliards de ceux des « parties d’avions et autres véhicules aériens ». Les importations de biens de consommation ont, pour leur part, progressé de 14,2% à 111,1 milliards, reflétant essentiellement des hausses de 18,1% à 20,1 milliards des acquisitions des « voitures de tourisme », de 26,4% à 21 milliards de celles de leurs parties et pièces, et de 15,4% à 7,2 milliards de celles des « médicaments et autres produits pharmaceutiques ».
Dans le même sens, la facture énergétique s’est alourdie de 28,9% à 68,6 milliards de dirhams, et les approvisionnements en produits bruts se sont renforcés de 37,7% à 28,8 milliards, en lien avec une progression, de 6,7 milliards à fin juin 2025 à 14,8 milliards de dirhams, des achats de « soufres bruts et non raffinés ». Concernant les importations de demi-produits, elles ont augmenté de 3,7% à 87,9 milliards, en lien notamment avec un accroissement de 33,5% à 7,8 milliards des achats de « fils, barres et profilés en cuivre ». Quant aux achats de produits alimentaires, ils ont enregistré une légère hausse de 1,4% à 48,9 milliards, reflétant des progressions de 24,1% à 4,3 milliards des importations de « tourteaux » et de 27,8% à 3,3 milliards de celles de « fruits frais ou secs, congelés ou en saumure », tandis que les approvisionnements en « blé » et en « sucre brut ou raffiné » ont accusé des replis respectifs de 2,5% à 8,7 milliards, et de 32,5% à 2,7 milliards.
En parallèle, les exportations du secteur automobile ont affiché une hausse de 17,4% à 93,7 milliards de dirhams, tirées par des accroissements de 26,7% à 37,9 milliards des ventes du segment de la « construction » et de 13,9% à 35,1 milliards de celui du « câblage ». De même, les exportations du secteur aéronautique se sont renforcées de 19,3% à 17,3 milliards, tirées essentiellement par le segment de l’assemblage dont les ventes se sont élevées à 11,9 milliards, en hausse de 24,7% par rapport à la même période un an auparavant.
Dans le même sens, les exportations du secteur de « l’agriculture et agro-alimentaire » se sont accrues de 5,7% à 52,4 milliards, portées par des augmentations de 11,7% à 22,3 milliards des expéditions de l’industrie alimentaire et de 1,6% à 28,8 milliards de celles de produits agricoles. A l’inverse, les ventes de phosphates et dérivés ont accusé une baisse de 2,3% à 45,4 milliards, reflétant essentiellement des contractions de 1,7% à 33,6 milliards des exportations des « engrais naturels et chimiques » sous l’effet d’un recul de 12,9% des quantités expédiées, les prix ayant à l’inverse augmenté de 12,9%, et de 13,1% à 4,2 milliards des ventes du « phosphate brut ». De même, les ventes de « textile et cuir » ont fléchi de 6,5% à 21,1 milliards, avec un repli au niveau de l’ensemble des segments, et celles de l’« électronique et électricité » ont diminué de 4,4% à 6,6 milliards.
S’agissant de la balance des services, son solde excédentaire s’est accru de 16,8% à fin juin 2026, comparativement à la même période de l’année précédente, pour atteindre 80 milliards de dirhams, résultat de progressions de 14,1% des exportations et de 11,6% des importations. En particulier, les recettes de voyages ont poursuivi leur bonne performance pour atteindre 64,9 milliards, en accroissement de 15,9%, alors que les dépenses au même titre ont augmenté de 3,6% à 16,1 milliards. Concernant les transferts des MRE, ils ont connu une nouvelle hausse de 9,9% à 61,5 milliards.
En ce qui concerne les principales opérations financières, le flux net des IDE a affiché une expansion de 31,5% à 26,2 milliards de dirhams, résultat d’un accroissement de 14,4% à 33,9 milliards des recettes et d’un recul de 20,5% à 7,8 milliards des dépenses. S’agissant des investissements directs marocains à l’étranger, ils ont augmenté de 50,9% à 14,4 milliards.
A fin juin 2026, l’encours des avoirs officiels de réserve s’est renforcé de 22,2% pour atteindre 497,3 milliards de dirhams, soit l’équivalent de 5 mois et 27 jours d’importations de biens et services.
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