
TRIBUNE. La Grande Foire Agricole du Congo (GFAC) constitue une initiative majeure pour mettre en lumière les potentialités considérables dont dispose notre pays dans le secteur agricole. Elle offre également une opportunité de rappeler une évidence stratégique : l’agriculture peut devenir l’un des principaux moteurs de la croissance, de la création d’emplois et de la diversification de l’économie congolaise.
Le Congo dispose de terres arables, de ressources en eau, d’un climat favorable et d’un important potentiel humain. Les opportunités existent, la volonté de développer le secteur est réelle, mais le principal défi demeure celui des moyens, des investissements et des politiques publiques capables de transformer ce potentiel en véritable puissance productive.
Aujourd’hui, l’un des enjeux économiques majeurs pour le Congo est de réduire sa forte dépendance aux importations alimentaires, qui représenteraient environ 800 milliards de FCFA par an. Dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires et financières, continuer à importer massivement des produits que notre pays pourrait produire localement constitue à la fois une vulnérabilité économique et une perte d’opportunités.
L’agriculture doit donc être considérée non plus comme un simple secteur social ou de subsistance, mais comme un secteur économique stratégique à forte valeur ajoutée.
Investir dans l’agriculture, c’est d’abord renforcer la souveraineté alimentaire du pays. C’est ensuite réduire la sortie de devises liée aux importations. C’est également créer des emplois, développer les territoires, stimuler les PME, accroître les recettes fiscales et générer de nouvelles sources de revenus pour l’État. À terme, une agriculture compétitive peut également permettre au Congo de se positionner sur les marchés régionaux et internationaux.
Mais cette transformation ne pourra pas reposer uniquement sur des discours ou sur des initiatives ponctuelles. En agriculture, la crédibilité d’une politique publique se mesure à ses résultats et à ses chiffres : hectares exploités, rendements, volumes produits, emplois créés, unités de transformation installées, importations réduites et exportations générées.
La Politique Agricole du Congo (PAC) devrait ainsi s’articuler autour de trois piliers fondamentaux et complémentaires :
1. Produire davantage et mieux.
Il est indispensable d’augmenter la productivité agricole en facilitant l’accès des producteurs aux financements, aux semences améliorées, aux équipements, aux engrais, à l’irrigation, à la formation et aux infrastructures rurales. L’objectif ne doit pas être uniquement d’augmenter les surfaces cultivées, mais surtout d’améliorer les rendements et la compétitivité des exploitations.
2. Transformer localement.
Produire sans transformer revient à laisser une grande partie de la valeur ajoutée échapper à l’économie nationale. Le Congo doit donc encourager la création d’unités agro-industrielles capables de transformer localement le manioc, le maïs, le riz, les fruits, les légumes, les produits de l’élevage et les autres filières à fort potentiel. La transformation permettra de créer davantage d’emplois, de développer l’industrie locale et d’augmenter la valeur économique de chaque production.
3. Exporter et conquérir les marchés.
Une agriculture véritablement performante ne doit pas seulement permettre au Congo de nourrir sa population ; elle doit également être capable de produire des excédents destinés aux marchés régionaux et internationaux. L’objectif à long terme doit être de faire émerger des filières compétitives, capables de générer des devises et de renforcer la position économique du Congo dans la sous-région.
Pour atteindre ces objectifs, l’État doit jouer un rôle de catalyseur : investir dans les infrastructures, sécuriser le foncier agricole, faciliter l’accès au crédit, améliorer les routes et les moyens de transport, soutenir la recherche agronomique et créer un environnement favorable à l’investissement privé.
Il ne s’agit donc pas pour l’État de tout faire, mais de créer les conditions permettant au secteur privé, aux agriculteurs, aux coopératives et aux investisseurs de prendre pleinement leur place dans la transformation du secteur agricole.
Le Congo ne manque pas de potentiel agricole. Ce qui manque encore, c’est une stratégie suffisamment ambitieuse, cohérente et financée pour convertir ce potentiel en richesse nationale.
Le véritable enjeu n’est plus de savoir si le Congo peut devenir une puissance agricole. Il est désormais de savoir à quelle vitesse nous sommes capables de transformer cette ambition en résultats concrets.
L’agriculture peut nourrir le Congo, mais elle peut surtout produire de la richesse, créer des emplois, réduire notre dépendance extérieure, générer des recettes et diversifier durablement notre économie.
Produire. Transformer. Exporter.
Voilà les trois leviers sur lesquels doit reposer une véritable révolution agricole congolaise.
« La sécurité alimentaire est la première richesse d’une nation : produire ce que nous consommons, c’est protéger notre économie, renforcer notre souveraineté et préparer notre avenir. »
« Il n’y a pas de véritable souveraineté nationale sans souveraineté alimentaire. »
« Un pays qui ne produit pas ce qu’il mange reste dépendant de ceux qui le nourrissent. »
« La sécurité alimentaire n’est pas seulement une question de nourriture ; c’est une question de souveraineté, de stabilité et de puissance économique. »
« Nourrir sa population par sa propre production, c’est investir dans l’indépendance économique du pays. »
Fait à Brazzaville, le 23 Août 2026.
Evrard NANGHO
Le Patriote Engagé
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